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Voiture chinoise du bresil en chine le reve de delocalisation du constructeur chinois lifan
Catégorie auto-chine - posté le 28/06/2007

Si de nombreux industriels occidentaux délocalisent une partie de leur production en Chine, une entreprise chinoise veut démonter une usine brésilienne pour la faire venir dans son pays. Le groupe Lifan, le géant chinois des motocyclettes, veut élargir sa gamme automobile et convoite une usine de moteurs.

L'usine concernée, qui appartient à une coentreprise entre DaimlerChrysler et BMW, est située à Campo Largo, dans le sud-est du Brésil. Un de ses clients, le groupe privé Lifan, un géant chinois des motocyclettes de 12.000 employés créé en 1992, souhaite s'en emparer en misant sur la fin du contrat de partenariat à la fin du mois.

"Nous n'avons pas encore parlé de prix", explique Yin Mingshan, 69 ans, fondateur et président de Chongqing Lifan Holdings, basé à Chongqing, gigantesque métropole en pleine ébullition du sud-ouest de la Chine.


"Mais comme l'usine n'est plus toute nouvelle, nous nous attendons à payer moins que le montant de l'investissement initial des deux partenaires de la coentreprise", ajoute-t-il.

BMW et DaimlerChrysler avaient investi un demi-milliard de dollars.

Lifan souhaite élargir sa gamme automobile actuellement limitée à une seule berline quatre portes, la 520.

Pour M. Yin, cette ambition passe par l'achat de l'usine brésilienne, qui produit des moteurs Tritec 1,4 litre et 1,6 litre, équipant notamment les BMW Mini, assemblés en Grande-Bretagne, et les DaimlerChrysler PT Cruiser produites au Mexique. Mais aussi la 520 de Lifan.

L'usine a arrêté de produire à la mi-juin, sans aucune annonce sur une possible reprise de la production, les 382 ouvriers étant chez eux, selon le journal brésilien O Estado de Sao Paulo.

"Nous explorons les options futures pour la coentreprise Tritec, mais il est trop tôt pour en parler à ce stade", a dit Trevor Hale, un porte-parole de DaimlerChrysler. "Il est possible que les accords actuels soient prolongés après la fin du présent contrat", a-t-il cependant ajouté.

Les négociations avec le Brésil ont été menées non seulement par des dirigeants de Lifan, mais aussi par des représentants du gouvernement chinois.

"Le Brésil nous a dit que nous pouvions acheter l'usine, mais seulement si nous ne la délocalisons pas", se désole M. Yin.

Le financement ne sera pas un problème, avance-t-il, suggérant que les banques sont prêtes à le soutenir.

"Nous vivons dans un monde et une Chine où les liquidités sont plus qu'abondantes. Même Chongqing, relativement en retard, bénéficie de liquidités abondantes", dit-il.

La possibilité de délocaliser l'usine est essentielle pour Lifan en raison des problèmes de coûts.

"S'ils ne délocalisent pas l'usine, mais envoient par bateau les moteurs vers la Chine, les coûts seront plus élevés", souligne Jia Xinguang, un analyste basé à Pékin, spécialiste du secteur automobile.

"Si le gouvernement brésilien donne son feu vert, les partenaires de la joint-venture ne devraient pas avoir de gros problèmes" pour vendre, ajoute-t-il.

"La principale question est l'attitude du gouvernement brésilien et pour l'instant les deux parties (le gouvernement brésilien et Lifan) n'ont pas beaucoup progressé", relève cependant l'analyste.


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